De l’utopie d’une éducation populaire au rêve d’une université du temps libre et pour tous les âges, on compte par dizaines, dans toute la France, les organisations dont la mission est de porter et partager les savoirs, soit initiées par les établissements universitaires (réseau de l’université française des universités tous âges AFUTA), soit créées par les collectivités locales ou des acteurs associatifs et sociaux (association des universités populaires de France AUPF).
Par ailleurs, ces dernières années, les universités ont déployé en leur sein de nombreux dispositifs pour s’ouvrir, se mettre à la portée de tous les publics et rapprocher sciences et société. Elles participent aux actions nationales comme la fête de la science. Au moment où les universités (académiques) reçoivent des injonctions d’excellence dans la préparation à l’employabilité immédiate des jeunes, ou d’orienter leur recherche au service de la reconquête de la souveraineté nationale, il est utile aussi d’aborder l’université aussi comme lieu de transmission et de partage des savoirs, auprès de publics divers et variés qui en sont parfois très éloignés. L’Université dans la ville ou « l’université au-delà d’elle-même », c’est une université source d’ouverture intellectuelle, d’ascension culturelle (sans oublier l’ascension sociale dans sa fonction de formation initiale ou continue) pour les habitants.
Les défis du monde contemporain – la défiance vis à vis des sciences, de ceux qui les produisent ou tentent de les valoriser, l’affadissement du débat public, le phénomène des vérités alternatives avec les révolutions numériques et des médias – sont des défis existentiels pour l’université elle-même, comme on le constate aujourd’hui dans beaucoup de pays marqués par des dérives illibérales ou autoritaires. C’était l’une des conclusions des 14e Entretiens de Sceaux, qui ont porté sur la défense des libertés académiques.
Ces défis concernant aussi le pays et les territoires. Comment faire avancer de très nombreuses politiques publiques, par exemple de mobilité, de transition énergétique, éducatives, etc, quand les conditions du débat et de la confiance ne sont plus présentes ?
Alors, « l’université au-delà d’elle-même », de l’utopie, au rêve, à la réalité d’une mobilisation nécessaire pour retrouver la possibilité d’un débat public et d’une construction collective ?
L’ensemble des universités populaires ou tous âges représente aujourd’hui un héritage toujours vivant. Mais quelle est sa situation, confronté comme chaque institution aux contraintes économiques de la période, aux évolutions dans l’engagement et de l’investissement citoyen ?
Par ailleurs, les universités populaires ou tous âges n’ont-elles d’université que le nom ? Quelles ambitions dans le domaine de la démarche scientifique ou la recherche ? Quelles articulations avec les missions de l’université proprement dite ?
La science sera participative ou ne sera pas (ou pas assez). La science sera partagée ou ne sera plus. Quels sont les outils pour la diffusion de la culture scientifique et de débats publics éclairés ?
Emancipatrice et sociale (université populaire), ouverte voire universaliste (université tous âges), quel projet et quelle forme aujourd’hui dans un monde contemporain chamboulé, confronté à de lourdes menaces ? Quel partenariat, quelle mobilisation commune villes et universités pour réactiver et inscrire ces démarches dans le temps présent ?
« L’université au-delà d’elle-même », une nécessité existentielle pour l’université et les territoires ? Un projet nécessaire et à (r)ouvrir de de toute urgence ?
Avec la participation de :
- Daniel Breuiller, sénateur-maire honoraire d’Arcueil, fondateur de l’Université Populaire d’Arcueil
- Jean-Pierre Charpentrat, administrateur de l’association des universités populaires de France (AUPF) et co-président de l’Université populaire du 14eme. arrdt. de Paris
- Nathalie Dompnier, politologue, présidente de la ComUE Lyon Saint-Etienne (Université de Lyon)
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Renseignements pratiques :
Mercredi 16 décembre 2026, de 8h30 à 10h30
Hôtel de Ville
122 rue Houdan, 92330 Sceaux
RER B, Robinson
Pour ceux qui ne peuvent se rendre à Sceaux, il sera possible aussi de participer aux Entretiens en distanciel (lien sur demande).

