En octobre 2025, France Universités, énonçait dix propositions pour « Défendre et promouvoir la liberté académique ».
Les libertés académiques sont en berne. Selon un indice annuel, l’« Academic freedom index », élaboré par des équipes germano-suédoises, les libertés académiques reculent dans de nombreux pays, sur tous les continents. Ce n’est plus le sort exclusif des régimes autoritaires ; c’est établi aussi dans nos démocraties libérales. Aujourd’hui, les Etats-Unis d’Amérique sous la présidence de Donald Trump représentent l’une des entreprises les plus criantes de cette mise à mal : surveillances, coupes de financements, intimidations, etc.
Ces menaces sur les libertés académiques interviennent dans un contexte déjà lourd pour les sciences, avec la montée des mouvements anti-vérités ou complotistes, alimentée par la puissance des réseaux sociaux.
Ces constats soulèvent des inquiétudes vives. Ils portent atteinte à la libre action des membres des communautés universitaires dans leur travaux scientifiques et à leur expression, c’est à dire à la nature même de l’acte de recherche et d’enseignement.
Les menaces sur les libertés académiques rendent à nouveau actuel le combat pluriséculaire de l’université contre l’« autorité », pour l’affirmation de sa liberté.
Villes et universités sont interpellées ensemble par cette situation.
Les liens noués au cours du temps ont accru leur interdépendance. Elles conjuguent leurs stratégies de développement, adossées sur l’innovation et donc sur la libre circulation des idées. Elles s’engagent ensemble sur les grandes questions sociétales de notre époque : le combat pour l’environnement, la lutte contre l’obscurantisme, la préservation de la laïcité et de la libre pensée.
Il devrait y avoir solidarité, et pourtant les menaces sur les libertés académiques sont aussi locales, de tout temps mais singulièrement ces dernières années. Plusieurs collectivités territoriales, en France, ont remis en cause des partenariats financiers ou fait interdire des initiatives publiques au nom de leur vision du débat public.
Cette menace « locale » n’est pas secondaire, elle met à mal la nature même du lien ville – université :
-l’idée de la ville « refuge », l’air de la ville rend libre disait l’ancien adage, y compris en accueillant les chercheurs exilés d’autres territoires menacés ;
-l’idée de la ville « ferment », de l’effet cafétéria au « territoire apprenant », la ville peut être, ou pas, l’écosystème qui féconde la recherche.
Par ailleurs, dans de nombreuses localités et sur de nombreux campus, villes et universités sont engagées ensemble dans l’animation du débat sciences-société et la promotion de la culture scientifique. Une culture scientifique partagée et la confiance de la société envers la science ne sont-elles pas, au final, le meilleur rempart des libertés académiques ?
Alors villes et universités, pour les libertés académiques, solidaires ou meilleurs ennemis ?
Face aux menaces, leur partenariat est essentiel. Quels enjeux, quels défis, quels leviers et quelles actions localement pour faire vivre les libertés académiques ?
Et si la 11e condition du rapport de France Universités (2025) pour la défense des libertés académiques était celle du rôle des territoires ?
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Renseignements pratiques :
Vendredi 5 juin 2026, de 8h30 à 10h30
Hôtel de Ville
122 rue Houdan, 92330 Sceaux
RER B, Robinson
Pour ceux qui ne peuvent se rendre à Sceaux, il sera possible aussi de participer aux Entretiens en distanciel.

